Les Conversations

Les Conversations de Paul-Marie Coûteaux avec Lorrain de Saint Affrique : Au cœur du clan Le Pen (2ème partie)

Publiée le 12/07/2026

Dans une première Conversation, nous avons suivi la jeunesse, dans une grande famille du Sud-Ouest, et les premiers pas à Paris de Lorrain de Saint Affrique dans sa carrière de "communicant" - tout en étant un bel afficionados des nuits parisiennes. D’abord collaborateur du président Giscard d’Estaing à l’Elysée, le hasard lui fait croiser par deux fois la route de Jean-Marie Le Pen : un jour, c’est le coup de foudre. Il mettra tout son talent, sa plume, son imagination et sa connaissance des milieux parisiens au service du président du Front National, dont on observe à travers lui la personnalité, passablement baroque et bien plus complexe qu’on ne le dit : voici raconté l’épisode du "détail", les progrès de l'organisation territoriale du Front National, (à travers notamment son expérience de premier secrétaire de la fédération FN du Gard), et bien des sinuosités de l’état-major qui, à Paris, entoure le "Menhir" - il relate ici l’épisode du groupe parlementaire dont il est un pilier, puis les crises qui conduiront à la sécession préparée de longue main, de Bruno Maigret - dont, tirant très vite la sonnette d’alarme devant un chef aveugle, il paiera le prix. Après une "traversée du désert" au cours de laquelle, notamment, son entregent permet la constitution de liste Pasqua-Villiers, en 1999, il retrouvera le mythique JMLP en butte à la politique de dédiabolisation de celle dont il fit son héritière politique, Marine Le Pen, avant de l’accompagner dans ses dernières années de mandat européen, notamment pour contribuer au succès de ses Mémoires, en 2018 et 2019, puis de son "Journal de bord", restant jusqu’au bout près de lui, avec une fidélité et un désintéressement qui forcent l’admiration. Ce n’est pas sans fierté qu’il peut dire que Jean-Marie Le Pen n’a pris sa retraite qu’à 91 ans, comme député européen, mais aussi comme grande voix de la politique française, grâce à lui jusqu’à sa mort. Un grand coup de chapeau à l'admirable chevalier ! 

Les Conversations de Paul-Marie Coûteaux avec Jean-Christian Petitfils - Révolution américaine, dettes de Necker : les causes de la Révolution

Publiée le 11/10/2026

Certains livres sont des événements. Jean-Christian Petitfils, travailleur infatigable qui n’est pas sans raison celui de nos historiens dont les ouvrages connaissent la plus large audience, s’est déjà confié pour TVL, relatant sa vie dans une première Conversation diffusée voici trois ans. Il y revint pour nous sur les titres les plus marquants d'une œuvre foisonnante, notamment une biographie ou une "historiographie" de Jésus et celles des cinq rois bourbons. On attendait le couronnement, si l’on peut dire : une histoire complète de la Révolution française. La voici, monumentale, l’auteur déployant au long de mille et une pages toutes les qualités qu’on lui connait : un talent de plume devenu rare, le soin de saisir l’événement en le plongeant dans l’époque, alliant l’étude de caractères à la sociologie, l’économie à l’histoire des idées - et le courage de détruire quelques idées reçues, dussent quelques vieilles gloires républicaines sortir du Panthéon… Nous avons dû insérer les aspects de cet événement immense et répartir une suite d’entretiens entre quelques grands sujets. Commençons par les causes principales du processus révolutionnaire, moins "démocratique" qu’il ne fut dictatorial, moins libérateur qu’il ne fut terroriste, et moins mécanique qu'il ne fut le résultat d'une suite de circonstances malheureuses - tout ayant pu, à tout moment être rattrapé. Il faut dire que, après les énormes dépenses de la guerre d’Amérique, les dettes qu’accrut au-delà de toute raison M. Necker, banquier suisse et protestant, avaient de quoi ébranler un édifice monarchique qui, certes fragile, loin de l’absolutisme qu’on lui prête aujourd’hui, n’en avait pas moins assuré la prééminence mondiale incontestée de la France - au risque de susciter nombre de jalousies qui se révéleront acharnées...