Les Conversations

Les Conversations n°81 de Paul-Marie Coûteaux avec Eric Branca - De Gaulle l’anti-Trump ? Quand la France parlait au monde

Publiée le 05/04/2026

Après deux conversations consacrées à son métier de journaliste, puis à deux de ses ouvrages les plus marquants ("Histoire secrète de la droite française" puis "L’ami américain"), ouvrages qui l’imposèrent comme l'un des meilleurs historiens du XXème siècle (voir Conversations n° 73 et n°75), venons-en au monument qu’Eric Branca consacra en 2020 aux relations entre le général De Gaulle et quelques-unes des grandes figures historiques qu’il a rencontrées, qui l‘ont marqué et qu’il a sans doute beaucoup marquées en retour : Franco, le cardinal Roncalli (futur pape Jean XXIII à l’élection duquel il a puissamment contribué), Staline dont il dresse un portrait stupéfiant, Ben Gourion, Nasser (le seul qu’il n’ait pas rencontré physiquement, mais qu’il a influencé de plusieurs façons), ainsi que deux présidents des Etats-Unis, Kennedy et Richard Nixon, qui reconnaîtront ce qu’il doivent à celui qui était alors "la voix de la France" et qui portait une conception, non seulement de la diplomatie française mais aussi des relations entre puissances très éloignée de celle qui prévaut aujourd’hui. L'esprit contemporain ne saisit plus l’époque où la profondeur historique des Etats l’emportait sur les fixations idéologiques - quand, par exemple, le gouvernement de la Libération noua des relations avec Franco, quand ce dernier protégeait obstinément Fidel Castro, quand, en décembre 1944, De Gaulle tient à s’allier avec l’Ogre du Kremlin, quand Nasser faisait pendre les dirigeants communistes au Caire pendant qu’il s’alliait à la Russie soviétique et quand, déjà, Washington poussait contre lui les Frères Musulmans... Il y a dans cette conversation, en filigrane, une leçon de diplomatie classique qui découvre, outre un De Gaulle méconnu, ce que pourrait être une diplomatie française renouvelée, inspiratrice d’un ordre mondial fort éloigné, quant à l’inspiration, aux principes et à la forme, de celui que tente d’imposer l'erratique M. Trump... 

Conversations inédites avec Alain de Benoist suite et fin - Les peuples et la fabrique des ahuris

Publiée le 27/09/2026

Après la rediffusion, en août dernier, des toutes premières conversations de notre série, tournées voici dix ans dans les différentes demeures d’Alain de Benoist, nous sommes retournés le voir en septembre dernier dans sa maison de Normandie pour deux conversations inédites. Voici la seconde, par laquelle nous achevons ce long cycle - sans doute provisoirement... Il semble qu'une vie rangée, voire très réglée, à la campagne rende le fondateur de la Nouvelle Droite plus actif que jamais. Il publie environ deux ouvrages par mois - outre la supervision de plusieurs revues : Nouvelle Ecole (publication annuelle), Krisis (semestrielle), Eléments (bimestrielle) ! Plus actif et plus préoccupé que jamais sur le sort même de l’homme, confronté aux logiques conjointes du Capital et de la Machine. Choisissant quelques thèmes dans ce foisonnement intellectuel sans pareil, nous revenons avec lui sur le sens (et l’utilité) du mot souveraineté, la dialectique de la souveraineté nationale et de la souveraineté populaire, la résurrection possible des peuples entre dissolution du demos et révolte populiste. Sur quelle case s’arrêtera la boule noire ? D’un côté, Alain de Benoist entrevoit que la révolte des Gilets Jaunes ne fut peut-être qu’une "répétition générale" ; d’un autre, il constate la croissante aliénation des peuples et celle des "techniques d’ahurissement" - formule qui lui a déjà fourni, en 1963 (il y a plus de soixante ans !) le titre d’un de ses tout premiers articles. Le transhumanisme, dont il voit partout poindre les dangers, surgira-t-il de l’hébétude générale ? Dernière cette ultime conversation au ton amical, et d’aventure badin, beaucoup décèleront une lancinante angoisse, cette angoisse qui est sans doute le sentiment le plus largement, et secrètement partagé par nos contemporains.