Les Conversations
Les Conversations de Paul-Marie Coûteaux n°71 - Hugues Reiner, l’homme sauvé par la musique
Océanique, volcanique, angélique… Quiconque rencontre cet homme en est marqué une fois pour toutes. Issu d’une famille roumaine d’origine juive réfugiée en France en 1929 puis décimée par les déportations, fils d’une mère sociologue et fantasque et de l’écrivain Silvian Reiner qui, réchappé par miracle, deviendra l’ami de Joseph Kessel et de Maurice Druon, Hugues Reiner vécut dans le Paris des années 60 et 70 une enfance sur laquelle planent les fréquentes dépressions de son père, les adversités, l’indigence quelquefois, l’inquiétude toujours. Mais voici que, par la grâce d’une ami de collège dont la famille l’invite souvent à dîner, il découvre d’un coup les fulgurances des symphonies de Malher : sur cette jeune âme tourmentée, la musique tombe comme une sorte de rédemption définitive, un antidote universel aux misères du monde et de la vie : aussitôt, il lui voue la sienne : il devient choriste, se fait protestant puis catholique, et bientôt, guidé par une énergie débordante, chef de chœur (très jeune), puis chef d’orchestre, compositeur saisi par la cause de la musique française, organisateur de concerts grandioses (il dit : cérémonies) qu’il situe au sommet du Mont Blanc comme au milieu des tireurs isolés de Sarajevo, ou encore, de temps à autre, à l’Eglise Saint Sulpice, qu’il remplit périodiquement pour des communions mémorables. Fatiguant (il veut arrêter les guerres...), exaltant, déroutant, prodigieusement imaginatif, constamment généreux, écoutons-le, aimons-le, suivons-le...
Conversations inédites avec Alain de Benoist suite et fin - Les peuples et la fabrique des ahuris
Après la rediffusion, en août dernier, des toutes premières conversations de notre série, tournées voici dix ans dans les différentes demeures d’Alain de Benoist, nous sommes retournés le voir en septembre dernier dans sa maison de Normandie pour deux conversations inédites. Voici la seconde, par laquelle nous achevons ce long cycle - sans doute provisoirement... Il semble qu'une vie rangée, voire très réglée, à la campagne rende le fondateur de la Nouvelle Droite plus actif que jamais. Il publie environ deux ouvrages par mois - outre la supervision de plusieurs revues : Nouvelle Ecole (publication annuelle), Krisis (semestrielle), Eléments (bimestrielle) ! Plus actif et plus préoccupé que jamais sur le sort même de l’homme, confronté aux logiques conjointes du Capital et de la Machine. Choisissant quelques thèmes dans ce foisonnement intellectuel sans pareil, nous revenons avec lui sur le sens (et l’utilité) du mot souveraineté, la dialectique de la souveraineté nationale et de la souveraineté populaire, la résurrection possible des peuples entre dissolution du demos et révolte populiste. Sur quelle case s’arrêtera la boule noire ? D’un côté, Alain de Benoist entrevoit que la révolte des Gilets Jaunes ne fut peut-être qu’une "répétition générale" ; d’un autre, il constate la croissante aliénation des peuples et celle des "techniques d’ahurissement" - formule qui lui a déjà fourni, en 1963 (il y a plus de soixante ans !) le titre d’un de ses tout premiers articles. Le transhumanisme, dont il voit partout poindre les dangers, surgira-t-il de l’hébétude générale ? Dernière cette ultime conversation au ton amical, et d’aventure badin, beaucoup décèleront une lancinante angoisse, cette angoisse qui est sans doute le sentiment le plus largement, et secrètement partagé par nos contemporains.
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