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Politique & Eco n°332 avec Jean-Pierre Chevallier : Des folies de la BNP à la prochaine crise financière

Publiée le 21/02/2022
Pour "Politique & Eco", Olivier Pichon et Pierre Bergerault reçoivent Jean-Pierre Chevallier, analyste financier. Une crise majeure est en cours de développement. Elle est la suite logique du coronavirus. En effet, les banques centrales sont obligées de relever leurs taux de base en particulier pour contrer l’inflation, ce qui va provoquer comme toujours en pareilles circonstances, une récession qui sera amplifiée par les défauts de paiement en dollars de grandes banques européennes…

L’exemple de la BNP à partir de ses comptes

Pour comprendre les problèmes économiques, financiers, bancaires et monétaires qui se posent actuellement, prenons l’exemple de BNP-Paribas. Comme toutes les entreprises, les actifs de BNP-Paribas (2 634 milliards d’euros) sont financés par des dettes et des capitaux propres : le passif. A titre de comparaison, le PIB annuel de la France est de l’ordre de 2 500 milliards d’euros. Les capitaux propres tangibles (c’est-à-dire réels) des banques sont ceux qui sont publiés dans leurs rapports financiers sous la dénomination de Common Equity Tier 1, à savoir 92 milliards d’euros à la fin de l’exercice 2021. Tout le reste du bilan est donc constitué de dettes, soit pour 2 542 milliards d’euros (2 634-92). Ce qui est important, c’est le multiple d’endettement (leverage) qui est le rapport le total des dettes sur les capitaux propres tangibles, soit ici 2 542 sur 92, c’est-à-dire 27,64 ce qui signifie que le total des dettes de BNP-Paribas est 27 fois plus élevé que le montant de ses capitaux propres réels. Or la règle prudentielle d’endettement (et de bonne gestion des banques) est que ce multiple d’endettement ne doit pas dépasser 10. BNP-Paribas, comme la plupart des banques européennes est donc une banque surendettée (ou sous-capitalisée), ce qui est grave alors que les banques américaines respectent cette règle prudentielle d’endettement… mais depuis 2009 seulement !

L’abîme du hors bilan et le manque de dollars

Plus grave encore, le hors bilan de BNP-Paribas est très largement hors normes. Ses engagements de financement se montaient à la fin du 4° trimestre 2021 à un total de… 366,403 milliards d’euros garantis par… 45,437 milliards, seulement ! Pire encore, BNP-Paribas ne respecte pas entièrement la règle comptable IFRS 9 qui impose aux banques de provisionner les pertes prévisionnelles sur les prêts qu’elle a accordés à ses clients qui risquent de ne jamais les rembourser. Ils portent sur des sommes considérables. En appliquant les règles comptables en vigueur et d’après les chiffres communiqués dans le rapport financier du 4° trimestre 2021, les pertes potentielles sur les prêts octroyés sont de 142 milliards d’euros alors que les provisions ne sont que de 20 milliards d’euros. Toujours d’après les chiffres publiés par BNP-Paribas dans son rapport financier de 2021, comme le montant des capitaux propres tangibles de BNP-Paribas n’est que de 92 milliards d’euros, cette banque est au bord du défaut de paiement pour un montant de 351 milliards d’euros (443-92) ! Mais il y a pire : le risque de défaut de paiement porte surtout sur les paiements en dollars car la plupart des produits dérivés sont libellés en dollars et ils portent sur des montants notionnels de 25 432 milliards d’euros mais en grande partie en USD. Fin 2019, BNP-Paribas a demandé 75,6 milliards de dollars à la FED de New York mais n’en a obtenu que 2,880 milliards ! Pour donner un ordre de grandeur de l’importance de ces 25 000 milliards d’euros (correspondant à 29 000 milliards de dollars), le total des dettes de l’Etat fédéral des États-Unis est de 30 000 milliards de dollars ! BNP-Paribas est donc très proche du dépôt de bilan et ce n’est pas la seule banque européenne dans cette situation…

Politique & Eco avec Philippe Béchade - Inflation-récession : La trajectoire d'un cataclysme

Publiée le 05/10/2026

Pétrole à plus de 100 dollars, carburants en forte hausse, taux d’intérêt qui remontent, dette publique sous pression : l’économie française entre dans une zone de fortes turbulences. Alors que le gouvernement tente de boucler son budget 2027, les marchés financiers scrutent de plus en plus la situation française et la menace de récession se précise.

Dans ce contexte explosif, quels risques pour les prix de l’énergie et l’approvisionnement européen ? Jusqu’où peuvent monter le pétrole et le diesel ? La France peut-elle encore éviter une crise de la dette ? Et comment les bouleversements géopolitiques, les élections américaines et l’intelligence artificielle vont-ils transformer l’économie mondiale et le marché du travail ? Philippe Béchade, analyste financier et rédacteur en chef de La Chronique Agora et de La Lettre des Affranchis, analyse les menaces qui pèsent sur l’économie française et les bouleversements économiques à venir.