Passé Présent

Passé-Présent avec Antoine de Lacoste - Le Venezuela, de l'indépendance à la dépendance

Publiée le 21/01/2026

Le Venezuela est aujourd’hui souvent présenté comme l’exemple même d’un Etat en faillite : hyperinflation, pénuries, exode massif de la population, tensions politiques permanentes. Mais comment un pays disposant des plus grandes réserves de pétrole au monde a-t-il pu sombrer à ce point en l’espace de quelques décennies ? Pour comprendre la crise vénézuélienne, il faut remonter loin dans le temps. Dès l’indépendance, acquise au début du XIXème siècle sous l’impulsion de Simón Bolívar, le pays connaît une instabilité chronique, alternant guerres civiles, régimes autoritaires et expériences démocratiques fragiles. La découverte du pétrole au début du XXème siècle va bouleverser durablement son destin. Source de richesse immense, l’or noir sera aussi un facteur de dépendance, de corruption et de vulnérabilité stratégique, notamment face aux grandes puissances.

À partir des années 1970, le choc pétrolier transforme le Venezuela en Etat rentier. L’argent coule à flot, mais derrière l’illusion de prospérité s’installent l’endettement, la corruption et une dépendance totale au pétrole. Lorsque les prix s’effondrent dans les années 1980, le système craque. La pauvreté explose, les émeutes se multiplient, et la défiance envers les élites politiques ouvre la voie à une figure qui va profondément marquer l’histoire du pays : Hugo Chávez. Elu en 1998, après une tentative de coup d’Etat ratée, Chávez promet la justice sociale et la souveraineté nationale. Mais très vite, son pouvoir se durcit. Les contre-pouvoirs sont affaiblis, la presse est mise au pas, l’opposition marginalisée, et l’Etat de droit progressivement vidé de sa substance. Sous couvert de révolution bolivarienne, le régime s’oriente vers une démocratie de façade, dominée par un exécutif omnipotent. À sa mort, en 2013, son dauphin désigné, Nicolás Maduro, hérite d’un système autoritaire déjà solidement installé.

Moins charismatique mais plus brutal, Maduro gouverne par la contrainte, s’appuyant sur l’armée, les services de sécurité et un appareil judiciaire inféodé. Elections contestées, parlement neutralisé, répression des manifestations : le régime se maintient au pouvoir tandis que le pays s’enfonce dans une crise économique et humanitaire sans précédent, poussant des millions de Vénézuéliens à l’exil. C’est dans ce contexte d’effondrement interne et de durcissement autoritaire que les ingérences étrangères, et notamment américaines, vont jouer un rôle central dans la déstabilisation - et la survie - du régime.

Pour analyser en profondeur les racines historiques, économiques et géopolitiques de cette crise majeure, et comprendre le rôle joué par les Etats-Unis dans les événements récents, "Passé-Présent" donne la parole à Antoine de Lacoste.

Passé-Présent avec Olivier Dard - Histoire de l'extrême droite française

Publiée le 30/09/2026

Nébuleuse, galaxie, monde à part : la droite nationale française résiste à toute unité. Monarchistes et républicains, catholiques et païens, légalistes et activistes s'y côtoient depuis plus d'un siècle, unis moins par une doctrine commune que par leurs refus – auparavant de la démocratie parlementaire, aujourd’hui du cosmopolitisme, voire du monde moderne. Et pourtant, cette famille éclatée a fini, en un siècle et demi, par conquérir le second tour des élections présidentielles.

Comment ce labyrinthe de courants rivaux, souvent vaincus, parfois puissants dans la rue ou par la plume, a-t-il façonné la dite extrême droite que l'on connaît aujourd'hui ?

Pour en retracer le fil d'Ariane, du boulangisme aux succès électoraux du Front national puis du RN, "Passé-Présent" reçoit le professeur Olivier Dard, qui publie chez Perrin une "Histoire de l'extrême droite française".