Les Conversations

Les Conversations n°42 de P-M Coûteaux avec Mathieu Bock-Côté : Un Québec libre pour une France libre

Publiée le 14/04/2024

A lui seul, Mathieu Bock-Côté, écrivain et sociologue québécois qui conquit en peu de temps une large audience en France, parvint à faire revivre une amitié franco-québécoise qui, sans lui, aurait pu se relâcher. A sa verve bien connue, toujours riche et souvent vertigineuse, à ses analyses sans complaisance sur la dimension totalitaire du techno-progressisme moderne, il ajoute ici des récits inattendus et des confessions personnelles qui étonneront ceux qui le connaissent sans le connaître. Il faut l’écouter parler de son père, professeur d’histoire de grande culture, qu’il vénère au point de lui dédier tous ses livres, et relater, les larmes aux yeux, le récit que cet indépendantiste militant lui fit cent fois du "Vive le Québec libre !", tandis qu’il était au pied du fameux balcon où De Gaulle bousculait la coalition anglo-saxonne liguée contre les Français du Canada ; il faut suivre avec lui les grandes heures, malheurs et promesses nouvelles du "souverainisme québécois" comme les bonheurs d’un Québécois installé en France, assez amoureux d’elle pour souffrir de ses faiblesses et louer ses forces (et sa cuisine). Ecoutons ce personnage océanique dérouler sa vie dans les Laurentides, à Montréal puis à Paris ; regardons cet analyste de haut vol révéler ici une sensibilité affectueuse, sans cesse sur le qui-vive.

Les Conversations de Paul-Marie Coûteaux avec Hervé Juvin n°77 (1ère partie) - Mesurons-nous les effets du basculement du monde ?

Publiée le 08/02/2026

Voici trois ans, Hervé Juvin, alors député européen au Parlement européen, prononça devant le Cercle Eleuthéria une conférence sur l’Inde moderne. Je fus frappé par l’extraordinaire curiosité avec laquelle il avait plongé dans ce pays et l’avait appris dans sa profondeur ; plus frappé encore quand je découvris que ce Breton attiré par les grands voyages connaissait tout aussi profondément d’autres pays du monde, la Chine aussi bien que le Mozambique, puis d’autres pays encore, asiatiques ou africains - tout cela aussi bien pour nourrir ses ouvrages d'ordre philosophique (plusieurs sont publiés chez Gallimard sous les auspices de son ami Marcel Gauchet), que pour ses activité de conseil international. Il fréquente ainsi élites et gouvernements, leurs prodiguant des conseils, principalement en matière agricole, toujours inspirés par la connaissance intime des civilisations  - "par la peau" comme il aime à dire. Dans cette première conversation, il relate son enfance bretonne, son attrait pour le grand large, ses découvertes : on apprend qu’il ne faut pas traiter avec des dirigeants ou hommes d’affaires chinois comme on traite avec des Indiens, ou des Africains de l’Est, et par-dessus tout, combien de promesses recèle le monde, qui a basculé sous nos yeux, sans que nos contemporains ne s’en rendent compte, dans une distribution entièrement neuve de la puissance politique et économique à travers - de la puissance culturelle aussi, ce qui pourrait bien rebattre les cartes dans les décennies à venir. A coté de cet homme stupéfiant d’érudition et d’ouverture, combien minuscules paraissent nos "élites" europhiles (dont il a vu quelques échantillons au Parlement européen...) qui, enfermés dans la vieille gangue euro-atlantique, ne voient plus le monde et ses rivages neufs - ils ont perdu la "richesse des mondes"...