Les Conversations

Les Conversations de Paul-Marie Coûteaux n°48 - François Bousquet, une vie d'homme-Livre, entre l’admiration et l’effroi

Publiée le 14/07/2024

Né à Paris en juin 1968 « au moment où tout bascule », comme il le dit lui-même en contemporain lucide de sa propre histoire, François Bousquet est un de ces intellectuels à la fois éclectiques et enracinés qui sont faits pour bâtir patiemment une œuvre. Fils de deux parents d’abord paysans dans le Rouergue avant de « monter à Paris », il installe sa vie parmi les livres, au point de devenir libraire, critique littéraire et philosophe, par dessus tout essayiste toujours confiant dans le force impérissable de l'archaïque français et européen. Très tôt il trouve ses marques dans la « Nouvelle Droite », européenne et différentialiste ( qui insiste sur les différences entre les genres, les sexes, les espèces, les peuples etc…),et plonge notamment dans l’oeuvre d’Alain de Benoist, dont il devient une sorte de bras droit, au point de diriger la revue phare du mouvement, « Eléments », Doté d'un grande ( et rare) faculté d’admirer, il sait comprendre, accompagner et prolonger quelques grands personnages auxquels il s’attache : voici évoquées les figures de l’éditeur Vladimir Dimitrijevic, du "génial bouffon" Jean-Edern Hallier, de l’avocat solaire Jacques Verges et du désormais incontournable Patrick Buisson. Le voici prêt à écrire la grande Archéologie de l’Europe dont il a l'intuition que, face à la déculturation et à l’invasion qui en découle, elle reste notre meilleure arme pour sauver l'avenir..  

Les Conversations de Paul-Marie Coûteaux avec Hervé Juvin n°77 (1ère partie) - Mesurons-nous les effets du basculement du monde ?

Publiée le 08/02/2026

Voici trois ans, Hervé Juvin, alors député européen au Parlement européen, prononça devant le Cercle Eleuthéria une conférence sur l’Inde moderne. Je fus frappé par l’extraordinaire curiosité avec laquelle il avait plongé dans ce pays et l’avait appris dans sa profondeur ; plus frappé encore quand je découvris que ce Breton attiré par les grands voyages connaissait tout aussi profondément d’autres pays du monde, la Chine aussi bien que le Mozambique, puis d’autres pays encore, asiatiques ou africains - tout cela aussi bien pour nourrir ses ouvrages d'ordre philosophique (plusieurs sont publiés chez Gallimard sous les auspices de son ami Marcel Gauchet), que pour ses activité de conseil international. Il fréquente ainsi élites et gouvernements, leurs prodiguant des conseils, principalement en matière agricole, toujours inspirés par la connaissance intime des civilisations  - "par la peau" comme il aime à dire. Dans cette première conversation, il relate son enfance bretonne, son attrait pour le grand large, ses découvertes : on apprend qu’il ne faut pas traiter avec des dirigeants ou hommes d’affaires chinois comme on traite avec des Indiens, ou des Africains de l’Est, et par-dessus tout, combien de promesses recèle le monde, qui a basculé sous nos yeux, sans que nos contemporains ne s’en rendent compte, dans une distribution entièrement neuve de la puissance politique et économique à travers - de la puissance culturelle aussi, ce qui pourrait bien rebattre les cartes dans les décennies à venir. A coté de cet homme stupéfiant d’érudition et d’ouverture, combien minuscules paraissent nos "élites" europhiles (dont il a vu quelques échantillons au Parlement européen...) qui, enfermés dans la vieille gangue euro-atlantique, ne voient plus le monde et ses rivages neufs - ils ont perdu la "richesse des mondes"...